UKRONIE

« Une uchronie est une histoire refaite en pensée telle qu’elle aurait pu être et qu’elle n’a pas été »
(Inès-Lemp. 1975)

Nous avons choisi d’éliminer l’avènement, il y a quelque 300 ans, de la révolution thermo-industrielle (le moteur thermique n’existe pas, les énergies fossiles sont sous-utilisées). En effet, Denis Papin, plutôt que d’inventer la machine à vapeur, est allé à la chasse aux papillons avec sa chérie...

Après 1690, le progrès a, malgré tout, continué ! Bien évidemment l’évolution technologique (habileté, intelligence, efficacité, ...) a continué, mais les évolutions se sont faites de manière plus respectueuse de l’humain et de l’environnement. Les matériaux sont sains, produits localement (le transport est un travail conséquent), et accessibles à tous. Les mises en oeuvre favorisent donc un lien social. La mutualisation de l’effort remplace le moteur. Il n’y a ni chômage, ni spécialisation à outrance, mais un partage des efforts, des compétences, et des savoir-faire.

Une uchronie, qui est une manière fictionnelle de réécrire l’histoire, doit permettre en l’occurrence de faire émerger des propositions occultées par le courant de pensée dominant dans le domaine du bâtiment.

En effet, l’impact de la construction et les modes d’habitats généralisés, par effet de masse, ont un impact négatif sur la santé et le vivant. Et nous pensons qu’il convient d’en tenir compte et de chercher à ce que notre immersion dans l’environnement soit plus subtile, c’est-à-dire tirant mieux partie des ressources existantes tout en ne les mettant pas en péril. Sans pour autant que la notion de confort soit dépréciée.

Nous avons avec nous l’héritage des savoir-faire anciens, mais pourquoi nous arrêterions nous d’expérimenter, de mettre au point des procédés nouveaux ? Les découvertes sur le vivant sont toujours plus étonnantes. On sait scientifiquement, qu’une marche en milieu urbain est à peu prêt neutre pour la santé d’un individu. Alors qu’une marche en forêt fait baisser l’hypertension. Le musicien qui a composé « Sol e mio » a trouvé l’inspiration devant un champ de tournesol. On s’est aperçu que la mise en écriture du génome du tournesol ressemblait beaucoup à la partition écrite de « sol e mio ». Les plantations en monoculture, où toute autre forme de vie a déserté, poussent mieux si on leur diffuse des chants d’oiseaux enregistrés.

Plus près de nos préoccupations, on peut imaginer, par exemple, dans un futur proche, des isolants pour nos bâtiments, en mycélium de pleurote pour remplacer le polyuréthane. Et ce, sans monopoliser de terres arables.
Ainsi, nous pouvons choisir de renouveler notre interaction avec la nature pour ce qui concerne l’acte de bâtir. En quelque sorte, tendre vers un habitat symbiotique. Et s’il nous semble primordial de donner du sens, il faut alors, de la même manière, envisager l’intensité sociale de la mise en pratique. Tout seul, on va plus vite, ensemble on va plus loin.

Nous avons choisi de mettre à contribution la jeune création, qui est en phase avec l’air du temps, les idées et les techniques émergentes, et de les mettre en relation de travail avec des experts des thèmes qu’ils souhaitent affiner. Et aller vers des applications qui peut-être, surprendront les experts eux-mêmes ?

Le partage des savoirs, savoir des sciences, savoir des idées, savoir technique, savoir organiser, savoir s’associer, si souvent cloisonné et pourtant parfois si fécond est à l’oeuvre au sein du comité de pilotage d’Ukronie. Dans cette entreprise où il est surtout question de transmission, c’est ce que nous souhaiterions voir aussi s’édifier.

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